
Le mortier-colle qui reste trop longtemps dans le seau durcit avant même d'atteindre le haut du mur. C'est une des choses qu'on apprend en posant soi-même la faïence, et c'est aussi une des questions qu'on nous pose le plus souvent depuis la fin de cette rénovation de salle de bain. Ce chantier fait partie de notre investissement à Saint-Étienne, une colocation qu'on retape avec mon frère appartement par appartement, pièce par pièce. Alors plutôt que de raconter les travaux de coloc dans l'ordre, je réponds ici directement aux questions qu'on nous envoie le plus.
Avant de continuer, une précision : certains liens plus bas sont des liens affiliés. Si vous achetez via l'un d'eux, je touche une petite commission, sans que ça change votre prix. Je ne mets ici que ce qui nous a vraiment servi entre deux sacs de colle sur ce chantier, pas une liste sponsorisée.
Pose de faïence et investissement à Saint-Étienne : pourquoi on a tout fait nous-mêmes
On aurait pu appeler un carreleur et passer à la pièce suivante. Le budget d'une rénovation complète fond vite, et faire soi-même la faïence d'une salle de bain reste l'un des postes où on économise le plus quand on retape une colocation entière. On a choisi des carreaux blancs classiques, format rectangulaire : c'est le choix le plus sûr pour une colocation, ça se nettoie facilement, et on retrouve ce type de carreau à peu près partout si un futur locataire en casse un. Ce projet tourne sous le régime réel du LMNP, ce qui permet d'amortir une partie de ces travaux sur plusieurs années, un point qu'on ne détaille pas ici mais qui pèse dans la décision de tout faire nous-mêmes. Côté financement, on est partis d'un apport modeste, et c'est en creusant la méthode pour réussir un investissement locatif avec peu d'apport qu'on a compris qu'il fallait économiser sur la main-d'œuvre pour équilibrer le reste. Sidonie, une voisine de l'immeuble qui a l'œil sur presque tout ce qu'on entreprend, a eu un avis tranché dès qu'elle a vu les premiers cartons de carreaux blancs : trop froid pour elle, trop sûr pour nous.

Faut-il poncer ou ragréer avant de poser la faïence ?
Oui, et c'est l'étape la moins gratifiante de tout le chantier. Un mur qui a vécu plusieurs décennies n'est jamais prêt à recevoir de la colle tel quel : il faut poncer les anciennes irrégularités, parfois reboucher, et laisser le mur respirer un peu avant de commencer. Ce ponçage laisse une odeur âcre et un peu sèche qui reste dans le nez une bonne partie de la journée, bien après avoir rangé la ponceuse. Cette étape de préparation des supports mériterait un article à elle seule ; ici, je me contente de dire qu'aucune faïence ne masque un mur mal préparé, elle ne fait que révéler le problème un peu plus tard. Si vous avez un doute sur la solidité d'une cloison, demandez l'avis de quelqu'un du métier — je ne le suis pas, j'apprends sur le tas comme la plupart des gens qui font ça une fois dans leur vie.
Le mur pas d'aplomb, la vraie source de complications
Les immeubles anciens de Saint-Étienne ont beaucoup de charme, mais ils ignorent superbement le concept d'angle droit. On l'avait déjà appris à nos dépens ailleurs dans l'appartement : sur une autre pièce, on avait posé du carrelage au sol sans coulis de nivellement, sur une chape qui n'était pas vraiment plane, et le résultat s'est vu tout de suite sous certains angles de lumière. Pour la salle de bain, on s'est méfiés dès le départ, sauf qu'on a quand même trouvé le moyen de se faire avoir autrement. On a posé la première rangée en se fiant uniquement au niveau laser, sans le fixer à rien. Trois rangées plus tard, on s'est aperçus que le niveau avait légèrement bougé en cours de route, et que tout partait de travers depuis le début. Il a fallu tout arracher, nettoyer la colle encore fraîche en râlant un bon coup, et recommencer avec une pige de bois vissée au mur pour caler la première rangée. Ce genre de repère tout simple, on aurait dû y penser avant de sortir la truelle. C'est ce genre de couac qui nous a poussés à suivre un cadre plus strict pour organiser la suite du chantier, comme celui de L'ascension, plutôt que d'improviser étape après étape.

Adopter le double encollage et des croisillons de 2 mm
La technique qu'on a fini par retenir tient en quelques réflexes simples. On encolle systématiquement des deux côtés, le mur et le carreau, pour être sûrs que rien ne bouge une fois posé. On utilise des croisillons de 2 mm pour garder des joints fins, avec un rendu plus actuel qu'un joint épais à l'ancienne. Et on revérifie le niveau tous les trois carreaux environ, parce qu'une fois échaudés par l'histoire du laser qui bouge, on ne fait plus confiance aveuglément à un seul contrôle en début de rangée.

Combien de temps laisser sécher avant de jointoyer ?
Vingt-quatre heures, en tout cas c'est le temps de séchage classique qu'on a respecté avant de jointoyer. C'est long quand on a hâte de voir le mur fini, mais c'est le prix à payer pour éviter que les carreaux ne bougent ou que l'humidité ne s'infiltre sous le carrelage. Cette attente rend aussi la douche inutilisable pendant un jour complet, ce qui n'est pas un détail si vous rénovez un logement encore occupé.
Rénover une salle de bain avec des colocataires déjà en place
Dans notre cas, l'appartement était vide, donc gérable. Mais si la colocation est déjà habitée, oubliez cette méthode telle quelle : une douche indisponible pendant vingt-quatre heures, dans un logement partagé par plusieurs personnes, tourne vite à la guerre froide entre colocataires. On a quand même fait visiter le chantier inachevé à Soraya, notre toute première candidate colocataire, venue chercher un logement pour la rentrée suivante alors que la salle de bain n'était pas encore terminée. Elle a pris des photos de chaque pièce avant de dire quoi que ce soit, y compris de ce mur de faïence à moitié posé, ce qui nous a un peu forcés à fixer une date cible pour finir. Pour ceux qui réfléchissent à l'aménagement des pièces d'eau partagées entre plusieurs colocataires, le guide Financièrement libre grâce à la colocation aide pas mal à penser l'usage futur de ce genre d'espace à plusieurs.

Ce que ça change une fois les travaux finis
La faïence protège le mur, mais elle ne l'assèche pas : ce qui se passe derrière le carreau dépend entièrement de la ventilation, pas du carrelage lui-même. Cette salle de bain n'est qu'une étape parmi d'autres sur ce chantier ; on avait attaqué la cuisine juste avant, en rénovant une cuisine ancienne à petit budget, et on avance pièce par pièce plutôt que tout de front. Une fois les futurs locataires installés, cette salle de bain deviendra une ligne de plus dans la gestion quotidienne de la colocation, entre le calendrier de ménage et les petites réparations — un autre sujet en soi. Saint-Étienne reste une ville où le prix au m2 laisse un peu de marge sur ce genre de travaux, ce qui aide à faire passer les week-ends perdus dans la poussière.
Ce qui reste de cette salle de bain finie, ce n'est pas tellement la fierté du résultat, plutôt le souvenir de cartons entassés dans la cuisine carrelée le soir du premier vrai repas pris ici avec mon frère, assis sur des caisses, la faïence encore fraîche dans la pièce d'à côté. Si l'organisation d'un chantier comme celui-ci vous fait peur, la structure proposée par L'ascension nous a pas mal aidés à avancer par étapes plutôt qu'en zigzag. Ce n'est pas un conseil en investissement, juste ce qui a fonctionné pour nous sur ce chantier précis.
Tout ce que je partage ici provient de mon vécu et de mes recherches personnelles. Cela ne constitue en aucun cas un conseil médical, financier ou juridique. Parlez-en à un professionnel qualifié avant d'agir sur la base de ce que vous lisez ici.