
Le givre se formait à l'intérieur des carreaux, jamais dehors. On a longtemps cru que ce détail ne regardait que le confort du soir, pas la rénovation énergétique du logement. Dans notre projet à Saint-Étienne, on comptait boucler le DPE avec l'isolation des murs et une chaudière récente, en gardant nos vieilles fenêtres en bois par charme, pour épargner le budget travaux et éviter le PVC qu'on trouvait sans âme. Ce pari-là, on l'a perdu, et pas qu'un peu.
Petite précision avant d'aller plus loin : ce carnet contient quelques liens affiliés, et si vous passez commande via l'un d'eux, je touche une petite commission sans que votre prix change. Je ne cite que ce qu'on a vraiment utilisé avec mon frère, comme la formation Financièrement libre grâce à la colocation, qui nous a évité de foncer tête baissée sur les postes de travaux, fenêtres comprises.
Non, repeindre une vieille fenêtre ne suffit pas à faire baisser le DPE
On s'était dit qu'un bon ponçage, une peinture blanc cassé et des joints neufs suffiraient à redonner du lustre à nos crémones en laiton, sans toucher au vitrage. Mon frère a même commencé à gratter une traverse, convaincu qu'on tenait la solution économique. Sauf que poncer et repeindre ne change rien à l'épaisseur du verre ni à l'air qui file autour du cadre, et c'est justement ce que mesure un DPE. J'avais acheté trois rouleaux de joint mousse au Brico Dépôt de Saint-Étienne Monthieu, certaine que ça suffirait à colmater les entrées d'air ; le lendemain, ils s'étaient tous décollés, l'humidité stagnant sur le bois froid les avait rendus mous comme du chewing-gum. Ce n'était pas notre première commande ratée : un mois plus tôt, j'avais fait venir en ligne un kit de plomberie censé s'adapter à nos tuyaux, avant de découvrir dans le carton qu'il ne correspondait à rien de ce qui existait dans un immeuble de cette époque. On a fini par comprendre qu'on ne répare pas de l'ancien à distance, sans avoir mesuré sur place.
Le vrai signal est venu d'ailleurs. Le premier soir où j'ai allumé la lumière dans une chambre qu'on venait de repeindre, les murs étaient enfin vraiment blancs, sans ce voile grisâtre qu'on n'avait jamais su nommer avant ; et dans ce même halo, les vieux cadres de fenêtre du couloir paraissaient presque sales, jaunis, décalés avec le reste. Ce contraste-là, plus que n'importe quel chiffre sur un rapport, nous a fait admettre qu'on tournait autour du problème plutôt que de le régler.

Le simple vitrage, un détail de charme ou un vrai souci de DPE ?
Poser la main sur une vitre en simple vitrage, en plein hiver stéphanois, donne l'impression de toucher un glaçon. Le climat continental de la région ne pardonne pas : à moins cinq dehors, l'inertie de l'ancien devient un handicap si les parois vitrées laissent filer la chaleur. En creusant le futur diagnostic, on a vu qu'on restait scotchés en classe F, voire G, ce qui condamne à peu près n'importe quel projet de colocation sur la durée. C'est en fouillant dans pourquoi j'ai choisi une formation investissement immobilier pour avancer que j'ai retenu l'essentiel : un locataire qui a froid est un locataire qui repart, ou qui pousse le chauffage à fond et vous appelle chaque mois parce que les murs moisissent.
Le casse-tête des Bâtiments de France
Notre immeuble n'est pas n'importe où : il est au Crêt-de-Roc, un quartier où la façade est surveillée de près, et les Architectes des Bâtiments de France imposent des règles précises dès qu'on touche à l'aspect extérieur. Pas de PVC brillant, un dessin de petits bois respecté, une teinte qui s'accorde avec le reste de la rue. Il a fallu monter un dossier de déclaration préalable en mairie, et attendre. Il y a une voisine, dans l'immeuble d'à côté, qui passe ses samedis matin à préparer des confitures pour le marché ; elle dit qu'il faut laisser le sucre réduire à son rythme, sans forcer la cuisson. On a fini par appliquer la même patience au dossier ABF, parce que vouloir aller vite avec l'administration ne sert strictement à rien.
Comprendre le double vitrage 4/16/4 sans y perdre son latin
Au retour des beaux jours, on a tranché pour du double vitrage performant en composition 4/16/4 : 4 mm de verre, 16 mm de gaz argon, encore 4 mm de verre, pour un coefficient Uw cible autour de 1,3 W/m².K, et plus ce chiffre est bas, moins la chaleur s'échappe. On a aussi profité du taux de TVA réduit à 5,5 % sur la rénovation énergétique, ce qui allège un peu la facture des menuiseries sur mesure. Sauf qu'en rendant les fenêtres étanches, on ferme aussi les petites entrées d'air que les vieux cadres laissaient passer sans qu'on s'en rende compte ; sans une ventilation qui prend le relais, la condensation revient se loger sur les tableaux de fenêtre. Pour la cuisine, il a fallu revoir nos plans en conséquence, un peu comme je le racontais dans ce que j'ai appris en rénovant une cuisine ancienne à petit budget.

Le jour où le silence est entré dans l'appartement
L'équipe de poseurs est arrivée un samedi matin avec les camions, et en quelques heures, le vieux bois piqué par endroits a laissé place à des châssis neufs. Ce qui frappe d'abord, ce n'est pas la chaleur retrouvée, c'est le silence : notre boulevard est passant, et fermer la première fenêtre a produit ce bruit sourd de la poignée qui verrouille, coupant net le vacarme du dehors. D'un coup, l'appartement ressemblait à un cocon, sans les bus ni les passants, juste assez de calme pour que chacun garde son intimité dans les chambres.
Je ne suis ni thermicienne ni conseillère en gestion de patrimoine, et je ne vais pas prétendre que ce chantier a réglé tous nos soucis de budget. Mais s'il y a une règle qu'on garderait pour un prochain projet dans l'ancien, c'est celle-ci : ne jamais juger une fenêtre sur son charme visible avant d'avoir vérifié trois choses, l'état réel du vitrage, les contraintes de façade auprès de la mairie ou de la copropriété, et la ventilation qui ira derrière une fois tout rendu étanche. Repeindre et calfeutrer soulage l'œil, pas le DPE. Pour ceux qui cherchent un repère pour avancer sans se disperser sur chaque poste de travaux, je continue à piocher dans L'ascension, plus comme trame que comme recette toute faite. Le reste, on l'apprend en avançant, fenêtre après fenêtre, et parfois un peu à reculons.
Tout ce que je partage ici provient de mon vécu et de mes recherches personnelles. Cela ne constitue en aucun cas un conseil médical, financier ou juridique. Parlez-en à un professionnel qualifié avant d'agir sur la base de ce que vous lisez ici.